Comment réduire l’empreinte carbone de vos produits textiles ?

Avec son empreinte carbone massive, l’industrie textile est devenue un sujet central dans les débats actuels sur l’environnement. Chez Footbridge, nous sommes conscients de cet enjeu et nous nous engageons à aider les acteurs de cette industrie à comprendre pour aider à réduire l’impact environnemental de leurs produits.

Selon l’ADEME, l’industrie textile génère 4 milliards de tonnes d’équivalent CO₂ par an, soit plus que l’impact combiné des vols internationaux et du trafic maritime. De plus, le textile est le troisième secteur le plus consommateur d’eau dans le monde, après la culture du blé et du riz.

Face à ces chiffres alarmants, notre rôle ne se limite pas à observer. Nous avons développé une solution de mesure d’impact et d’analyse du cycle de vie qui permet aux entreprises de mieux maîtriser les conditions de fabrication de leurs produits et de répondre aux attentes croissantes de leurs clients pour acheter un vêtement plus responsable .

Dans cet article, nous partagerons avec vous les résultats de nos recherches et de nos études sur l’empreinte carbone de l’industrie textile. Nous discuterons des principales sources d’émissions, des défis à relever et des solutions possibles pour rendre l’industrie plus durable. Nous nous appuierons également sur des données provenant de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) pour offrir une perspective plus large sur ce sujet.

Comprendre l’empreinte carbone de l’industrie textile

L’empreinte carbone est une mesure de l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre (GES) produites directement ou indirectement par une activité. Dans le cas de l’industrie textile, cette empreinte est particulièrement importante, en raison de plusieurs facteurs clés qui interviennent tout au long du cycle de vie d’un vêtement.

empreinte carbone textile et cycle de vie

credit : Footbridge

  • Production des matières premières : Que ce soit pour les fibres animales, végétales ou synthétiques, la production des matières premières nécessite l’utilisation de ressources importantes. Par exemple, l’élevage d’animaux pour obtenir des fibres animales génère des émissions de GES, tandis que la culture de coton ou d’autres plantes nécessite beaucoup d’eau et de produits chimiques. Les fibres synthétiques, quant à elles, sont souvent dérivées du pétrole, une ressource non renouvelable.
  • Fabrication des vêtements : La transformation des matières premières en vêtements est un processus énergivore qui génère également des émissions de GES. De plus, les conditions de travail dans de nombreux pays producteurs peuvent être précaires, ajoutant une dimension sociale à l’empreinte carbone.
  • Teinture : La teinture des textiles est un autre processus qui a un impact significatif sur l’empreinte carbone. Les substances chimiques utilisées et les procédés de teinture sont généralement très énergivores et sont souvent réalisés dans des pays ayant un mix énergétique fortement carboné.
  • Transport : Les vêtements sont souvent fabriqués dans des pays éloignés des points de vente, ce qui nécessite un transport longue distance, parfois par avion, contribuant ainsi aux émissions de GES.
  • Utilisation des vêtements : L’impact environnemental ne s’arrête pas une fois le vêtement vendu. Le lavage, le séchage et le repassage réguliers des vêtements consomment de l’eau et de l’énergie, ajoutant à l’empreinte carbone.
  • Fin de vie des vêtements : Enfin, lorsque les vêtements ne sont plus portés, ils sont souvent jetés dans des décharges ou incinérés, ce qui contribue également à la pollution et aux émissions de GES.

Focus sur les fibres animales et synthétiques

Les fibres animales et synthétiques sont particulièrement problématiques en termes d’empreinte carbone. Pour les fibres animales, l’impact provient majoritairement de l’élevage des animaux (et le méthane qu’ils dégagent) et de la transformation de la fibre (procédés très énergivores).

Pour les fibres synthétiques, l’impact provient de l’extraction et de la transformation des fibres qui se font très souvent dans des pays à mix énergétique très carboné. Le problème de pollution par les fibres synthétiques est multiple. Le calcul ACV de cette matière ne prend pas en compte ni l’ensemble des impacts lié à l’extraction pétrolière ni la pollution aux micro-plastiques lors du lavage du vêtement.

Pour une approche harmonisée et standardisée de l’évaluation des impacts environnementaux des produits, la méthode Product Environmental Footprint (PEF) offre un cadre de référence précieux.

Elle permet d’analyser l’ensemble du cycle de vie des produits pour identifier les étapes les plus impactantes en termes de ressources et d’émissions, favorisant ainsi des choix de production et de consommation plus durables.

Une infographie de l’ADEME illustre ces points, montrant l’impact environnemental de l’industrie de la mode à chaque étape du cycle de vie d’un vêtement : https://multimedia.ademe.fr/infographies/infographie-mode-qqf/

Chez Good Fabric, nous œuvrons depuis longtemps au développement de filières éthiques et bio-sourcées. Toutes les matières ont un impact environnemental mais l’utilisation de matières végétales ou animales, à condition qu’elles soient bio-sourcée, sont sans commune mesure avec les matières issues de la pétrochimie (même recyclées).

Comprendre ces différents facteurs est essentiel pour identifier où des améliorations peuvent être apportées et comment réduire l’empreinte carbone de l’industrie textile.

Quel est le rôle de Footbridge dans la réduction de l’empreinte carbone ?

Chez Footbridge, nous avons développé des outils spécifiques pour aider les entreprises de l’industrie textile à comprendre et à réduire leur empreinte carbone. Notre travail consiste à analyser les données utiles au calcul d’impact et à l’analyse du cycle de vie :

  • Service d’analyse du cycle de vie de Footbridge : Nous proposons également un service d’analyse du cycle de vie qui permet aux entreprises d’évaluer l’impact environnemental de leurs produits à chaque étape de leur cycle de vie, de la production des matières premières à la fin de vie du produit. Cette analyse approfondie aide les entreprises à identifier les points chauds de leur empreinte carbone et à mettre en œuvre des stratégies de réduction efficaces.

Un aspect clé de notre travail est la valorisation de standards environnementaux rigoureux, tels que les labels GOTS, OEKO TEX ou GRS.

  • Le label GOTS (Global Organic Textile Standard) est le standard le plus exigeant en matière de textile biologique. Il prend en compte toutes les étapes de fabrication, de la production de fibres biologiques au produit fini en intégrant la teinture sans rejet des eaux usées et sans produits chimiques dangereux.
  • Le label OEKO TEX (standard 100 classe 1) certifie l’innocuité du vêtement et la non utilisation de substances toxiques lors de la phase de teinture et ennoblissement
  • Le label GRS (Global Recycle Standard), quant à lui, concerne les matières recyclées. Il certifie l’origine des matières et prend également en compte la teinture, sans rejet et sans produits chimiques dangereux.

Good Fabric - réduire l'empreinte carbone textile

Etude comparative

Nous avons réalisé une étude comparative qui montre comment l’utilisation de fibres issues de l’agriculture biologique et de fibres recyclées peut réduire l’impact carbone.

Cette étude comparative a examiné deux types de t-shirts : un t-shirt conventionnel en poly-coton et un t-shirt certifié GRS et GOTS.

Le t-shirt certifié était composé de 50% de coton provenant d’un approvisionnement GOTS et de 50% de polyester recyclé certifié GRS. Les résultats ont montré que ce t-shirt avait 47,7% moins d’émissions de gaz à effet de serre, 44,7% moins d’eutrophisation des eaux douces et 35,9% moins d’utilisation de ressources fossiles par rapport au t-shirt conventionnel.

De même, une comparaison entre un jean en coton conventionnel et un jean en 100% coton biologique certifié GOTS a montré que le jean certifié GOTS avait 12,2% moins d’émissions de gaz à effet de serre, 41,6% moins d’eutrophisation des eaux douces et 11,1% moins d’utilisation de ressources fossiles par rapport au jean conventionnel.

Ces résultats démontrent clairement l’efficacité des fibres issues de l’agriculture biologique et des fibres recyclées dans la réduction de l’impact carbone. Ils soulignent également l’importance des labels GOTS et GRS permettant la bonne pratique d’une production respectueuse de l’environnement.

Nous sommes convaincus que la compréhension, la transparence et l’innovation sont les clés pour réduire l’empreinte carbone de l’industrie textile. Nous sommes déterminés à aider les entreprises à emprunter cette voie vers une mode plus durable.

empreinte carbone textile

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5 solutions pour réduire votre empreinte carbone

Réduire l’empreinte carbone de l’industrie textile nécessite une approche multifacette qui va au-delà de la simple modification des processus de production. Il s’agit également de changer nos habitudes de consommation et notre relation avec les vêtements.

empreinte carbone textile

L’infographie de l’ADEME propose plusieurs solutions clés pour réduire l’empreinte carbone de notre garde-robe :

  • Acheter moins mais mieux : Au lieu d’acheter de nombreux vêtements de moindre qualité qui seront rapidement remplacés, optez pour des pièces de meilleure qualité qui dureront plus longtemps. Recherchez des vêtements fabriqués à partir de matériaux durables et produits de manière éthique.
  • Prendre soin de ses vêtements : En prenant soin de vos vêtements, vous pouvez prolonger leur durée de vie et réduire la nécessité de les remplacer. Cela comprend le lavage à des températures plus basses, le séchage à l’air libre plutôt qu’en machine et le respect des instructions d’entretien du fabricant.
  • Acheter des vêtements d’occasion : L’achat de vêtements d’occasion est une excellente façon de réduire l’empreinte carbone de votre garde-robe. Non seulement cela évite la production de nouveaux vêtements, mais cela donne également une seconde vie à des vêtements qui auraient pu finir en décharge.
  • Réparer ses vêtements : Au lieu de jeter un vêtement à la première déchirure ou au premier bouton manquant, envisagez de le réparer. Cela peut prolonger considérablement la durée de vie d’un vêtement et réduire la nécessité de produire de nouveaux vêtements.
  • Donner une fin de vie plus respectueuse de l’environnement à ses vêtements : Lorsqu’un vêtement ne peut plus être porté ou réparé, envisagez des options plus respectueuses de l’environnement que la simple mise en décharge. Cela peut inclure le recyclage, la donation à des œuvres de bienfaisance ou même la transformation en chiffons de nettoyage ou en isolant.

En adoptant ces pratiques, nous pouvons tous jouer un rôle dans la réduction de l’empreinte carbone de l’industrie textile et la transition vers une mode plus durable.

Quelles sont les limites et les défis de cette démarche ?

Tout en reconnaissant l’importance de la réduction de l’empreinte carbone dans l’industrie textile, il faut aussi bien comprendre les limites et les défis associés à cette démarche.

Les calculs d’empreinte carbone sont un outil précieux pour évaluer l’impact environnemental des produits textiles. Cependant, ils ont leurs limites. Par exemple, la durabilité des produits n’est pas prise en compte dans ces calculs. Un vêtement qui dure plus longtemps peut avoir un impact moindre sur l’environnement, même si sa production est plus énergivore. De même, ces calculs ne tiennent pas compte de l’impact social de la production textile, comme les conditions de travail et les salaires équitables…

En outre, les émissions de gaz à effet de serre (GES) n’est pas le seul impact de l’industrie textile. Il est très important de prendre également en compte l’impact sur la biodiversité, la pollution et la consommation d’eau, et bien sûr les conditions de travail sur l’ensemble de la supply chain.

Réduire l’empreinte carbone de l’industrie textile est un défi de taille. Cela nécessite des changements à tous les niveaux de la chaîne de production, de la source des matières premières à la fin de vie des produits. Cela implique également de changer les comportements de consommation et de promouvoir une culture de la mode durable. De plus, il est essentiel de travailler avec les gouvernements et les régulateurs pour mettre en place des politiques qui encouragent la durabilité.

Chez Good Fabric, nous croyons que, malgré les obstacles, un avenir plus durable pour l’industrie textile est non seulement possible, mais nécessaire. Nous sommes déterminés à jouer notre rôle dans la réalisation de cet avenir.

Conclusion

L’industrie textile a un impact environnemental significatif, avec une empreinte carbone importante à chaque étape du cycle de vie d’un vêtement. Cependant, il existe des moyens de réduire cet impact. Des choix de matières premières plus durables, des processus de production plus économes en énergie, des pratiques de consommation plus responsables et des fins de vie plus respectueuses de l’environnement pour les vêtements peuvent tous contribuer à réduire l’empreinte carbone de l’industrie textile.

Avec Footbridge, nous nous engageons à aider les entreprises de l’industrie textile à comprendre pour réduire leur empreinte carbone grâce à notre service d’analyse de cycle de vie.

Cependant, la responsabilité ne repose pas uniquement sur les épaules des producteurs. Les consommateurs ont également un rôle à jouer. En choisissant d’acheter moins mais mieux, en prenant soin de ses vêtements et en leur donnant une fin de vie plus respectueuse de l’environnement, nous contribuons tous à réduire significativement l’empreinte carbone de notre garde-robe.

Références

  1. Étude comparative réalisée par Footbridge, disponible à l’adresse suivante : lien
  2. Infographie de l’ADEME sur l’impact environnemental de l’industrie de la mode, disponible à l’adresse suivante : lien

Louis-Marie Vautier

Gérant - Co-fondateur GOODFABRIC

Louis-Marie Vautier est le co-fondateur de GOOD FABRIC et de la plateforme FOOTBRIDGE, spécialisées dans la traçabilité et l'éco-conception dans l'industrie textile. Entrepreneur engagé, il œuvre pour rendre la mode plus durable et transparente à travers des solutions innovantes. Son approche contribue significativement à l'amélioration des pratiques environnementales dans la mode, en alliant expérience du terrain, technologie et responsabilité écologique.

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