Méthode Ademe ou PEF : comment s’y retrouver dans l’affichage environnemental textile ?

L’Ademe et le gouvernement français vont annoncer leur nouvelle méthode pour calculer l’affichage environnemental sur tous les produits textiles. Il sera d’abord appliqué de manière facultative pour les marques dès 2025 mais pourrait rapidement devenir obligatoire.

De son côté, l’Union Européenne travaille également depuis de nombreuses années à une méthode de score environnemental avec le PEFCR Apparel & Footwear pour le textile et la chaussure devant s’appliquer dans les prochaines années à tous les pays européens.

Pourquoi 2 méthodes de score environnemental ?

La Commission Européenne travaille sur des normes liées à l’évaluation de l’impact environnemental des produits avec la mise en place de la Product Environmental Footprint (PEF) dans le cadre de l’initiative « Single Market for Green Product ».

En parallèle, dans sa volonté d’avancer plus rapidement et de prendre un leadership sur la transition écologique, le gouvernement français, au travers de la loi Climat et Résilience, travaille sur l’affichage environnemental pour une meilleure information auprès des consommateurs. L’affichage environnemental textile qui va prochainement être promulgué par Décret s’ajoute à l’article 13 de la loi Agec obligeant les marques à communiquer certaines informations sur la fabrication du produit.

Le travail de l’Ademe pour l’éco-score français s’appuie sur le socle du PEF (calcul de l’analyse de cycle de vie) tout en y apportant des compléments afin de favoriser une industrie (française et européenne) plus vertueuse.

Présentation du PEFCR Apparel and Footwear

Le PEFCR n’est pas encore applicable en Europe de manière obligatoire. La méthodologie est toujours dans une phase d’amélioration même si les grands principes semblent être posés.

Avantages et inconvénients du PEFCR Apparel and Footwear

Avoir une méthode unique pour l’ensemble de l’Union Européenne est bien entendu souhaitable pour une uniformisation de l’information aux consommateurs et une simplification des normes pour les entreprises. Les travaux du PEF pour le textile sont engagés depuis de nombreuses années mais ne sont pas encore applicables.

Le PEF s’appuie sur l’analyse du cycle de vie (ACV) pour mesurer l’impact environnemental d’un produit en s’appuyant sur une approche scientifique.

Cependant, le PEF ne fait pas l’unanimité, en particulier auprès des scientifiques et acteurs engagés. En effet, l’ACV ne permet pas de prendre en compte tous les impacts environnementaux liés à la fabrication textile. Par ailleurs, ni le PEF et ni la méthode française ne mesure l’impact social d’un vêtement. Il s’agit pourtant d’un critère tout aussi déterminant dans l’une des industries qui rassemble le plus grand nombre de salariés dans le monde et qui connaît régulièrement des scandales sur les conditions de travail déplorables dans certains pays et/ou usines.

La gouvernance du PEFCR A&F est pilotée par la Sustainable Apparel Coalition (SAC) qui coordonne le Secrétariat Technique. Ce Secretariat Technique, composé de 16 membres votants, doit présenter la méthodologie qu’elle aura défini à la Commission Européenne en vue d’être votée. Parmi ces 16 membres votants, on peut s’étonner de retrouver 9 des plus grands acteurs mondiaux du textile avec une très forte prédominance du sportswear (Nike, Lacoste, Decathlon, Sympatex, W.L. Gore & Associates) et de la fast fashion (H&M, Inditex). Tous ces acteurs sont de grands utilisateurs de matières synthétiques. Et on peut également s’interroger sur la présence d’entreprises américaines au sein de ce Secretariat Technique devant fixer les règles du jeu au sein de l’Union Européenne.

Le score PEF encore très perfectible

La valorisation des matières synthétiques au détriment des matières naturelles (végétales et animales) est source de tension car il s’appuie sur des études scientifiques incomplètes et/ou sur des arbitrages et allocations contestables.

L’opacité autour de la base de données PEF 3.0 ne permet pas une analyse critique aisée de ces données ni leur utilisation. La qualité de la base de données est pourtant déterminante pour aboutir à des scores environnementaux fiables et compréhensibles. Les données disponibles sont des données « monde » et donc par conséquent très générales qui ne peuvent aboutir qu’à une note environnementale approximative et parfois éloignée de la réalité de la fabrication d’un produit. Pour exemple, les données spécifiques liées à des matières ou des procédés vertueux ne sont pas disponibles et ne peuvent donc pas être valorisées. Un Tshirt en coton biologique certifié GOTS sera noté de la même manière qu’un Tshirt conventionnel. Cette aberration représente un obstacle majeur dans l’incitation des metteurs sur le marché à proposer des produits à moindre impact et dans une communication juste auprès des consommateurs.

La méthode PEF oblige donc l’utilisation exclusive de la base de données PEF3.0 pour calculer la note environnementale. A ce stade, il est donc impossible de prendre en compte des données réelles de la supply chain. Une usine qui aurait investi dans l’énergie solaire ne pourra pas être prise en compte dans le calcul.

La non prise en compte (pour le moment) de la pollution des micro-fibres plastiques réduit de facto l’impact environnemental des matières synthétiques dans la note environnementale alors que la pollution plastique est un enjeu planétaire. A l’inverse, les notes environnementales des vêtements en laine (et plus encore en cachemire) explosent dans des proportions surprenantes. Les moutons sont ils à ce point un danger majeur pour la planète qu’ils feraient passer l’industrie pétro-chimique pour des pionniers de l’écologie ?

Là encore, et sans remettre en cause l’impact environnemental des ovins, il convient de prendre en considération les données spécifiques des bonnes pratiques d’une agriculture raisonnée et/ou biologique.

Le PEF impose le contrôle des données avant la mise sur le marché des produits (et l’affichage de la note). Les notes environnementales doivent s’appuyer sur des données tangibles et vérifiables pour éviter certaines dérives. Toutefois, dans une industrie avec une chaîne de valeur complexe et qui manque cruellement de transparence, comment peut s’effectuer, dans la vraie vie, un contrôle systématique des données de tous les produits avant leur mise sur le marché ? Qui est responsable de ces données ? Qui doit réaliser ce contrôle et comment doit-il s’opérer ?

Le PEF impose également le calcul d’une note environnementale pour chaque taille d’une même référence. Il s’agit d’une complexité qui va engendrer des contraintes opérationnelles et un coût important pour un bénéfice qui pose question. Quel est l’intérêt d’afficher une note différente entre une taille M et une taille L ? Comment fait-on pour les tailles 38 ?

Sans remettre en cause la démarche engagée par le PEF pour aboutir à un score environnemental s’appuyant sur des critères scientifiques, certaines orientations actuelles du PEF vont à l’encontre de l’objectif de réduire l’impact environnemental de l’industrie textile. Face aux nombreuses critiques, des travaux sont en cours pour améliorer différents sujets.

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La méthode française présentée par l’Ademe.

Rappel des objectifs avancés par le gouvernement concernant l’affichage environnemental :

  1. Communiquer au consommateur un éco-score sur chaque vêtement permettant d’évaluer l’impact environnemental d’un produit au moment de son achat.
  2. Accélérer la transition écologique de l’industrie textile

La méthodologie avancée par l’Ademe et le Ministère de la Transition Ecologique est rentrée dans sa dernière phase avant la promulgation du texte et le passage devant l’Assemblée Nationale. Les derniers arbitrages sont actuellement en discussion.

A ce stade, voici les principaux éléments constituants de la méthode française :

L’affichage environnemental s’inscrit dans la loi Climat et Résilience de 2021

“Un affichage destiné à apporter au consommateur une information relative aux impacts environnementaux (…) d’un bien, d’un service ou d’une catégorie de biens ou de services mis sur le marché national est rendu obligatoire” — Article L.541-9-11 du code de l’environnement

La méthodologie s’appuie sur le calcul de l’Analyse de Cycle de Vie de chaque produit segmenté en 8 étapes :

  1. Matières premières
  2. Fabrication du fil
  3. Fabrication du tissu
  4. Ennoblissement
  5. Confection
  6. Distribution
  7. Utilisation
  8. Fin de vie

L’Ademe a choisi de calculer 16 facteurs d’impact (pour être en adéquation avec le PEF) exprimés en micro points. Le total de ces 16 facteurs associés à 3 autres critères aboutit à un score ACV.

Facteurs Impact Ademe

Le calcul de cet ACV s’appuie donc sur la méthode définie par l’Ademe et la base de données Empreinte.

La qualité des données utilisées est prépondérante pour aboutir à un score environnemental représentatif de l’impact réel d’un produit. Par ailleurs, le calcul ACV est une méthode scientifiquement éprouvée mais qui a démontrée ses limites dans une industrie complexe et qui fait intervenir un grand nombre d’acteurs et de technologies pour aboutir à un produit fini.

Considérant que ce score ACV ne permet pas d’obtenir un niveau suffisant de fiabilité pour atteindre ses objectifs et notamment combattre les dérives de l’ultra fast fashion, l’Ademe et le gouvernement ont ajouté des modulations complémentaires pour permettre de distinguer les modes de production plus vertueux.

La gestion des invendus

L’Ademe souhaite introduire une modulation de la note environnementale liée à l’export hors Union Européenne des stocks dormants de produits textiles qui n’est pas suffisamment pris en compte dans le calcul ACV.

La durabilité physique et émotionnelle

L’Ademe souhaite distinguer la durabilité physique liée à la qualité et la durée de vie du produit, de la durabilité émotionnelle (ou non physique).

Les modalités sont à l’étude pour aboutir à l’introduction de critères de qualité physique d’un vêtement affectant l’éco-score. Ces critères de durabilité physique ne devrait pas être pris en compte dans la version 1 de la méthode française présentée par décret au mois de juillet.

Il est vrai que la durée de vie d’un produit est un enjeu clé dans la réduction d’impact en limitant la sur-consommation de produit dit « jetable ». L’étude Dhurabi propose une méthode pour mesurer cette durabilité physique. Toutefois, les modalités de mise en application d’éventuels tests qualité obligatoires se heurtent à de nombreuses difficultés opérationnelles et économiques très concrètes qui pourraient fortement impacter les PMEs françaises.

Les modulations envisagées sur la durabilité émotionnelle consiste à prendre en compte des critères liés au prix, aux nombres de référence sur une saison ou la durée de commercialisation. Ces éléments ne prennent donc pas en compte une notion de désirabilité ou de l’attachement à un produit ou à une marque.

Combattre l’ultra fast fashion

Le gouvernement souhaite donc introduire des modulations dans le calcul de l’éco-score dans un enjeu politique visant à combattre les dérives de l’ultra fast fashion.

Cela suppose de définir ce qu’est l’ultra fast fashion et en quoi un produit ultra fast fashion est plus impactant du point de vue environnemental qu’un autre produit textile.

Avantages et les inconvénients de l’affichage environnemental français

L’affichage environnemental français s’appuie sur le socle du PEF tout en cherchant à l’améliorer afin d’encourager la transition écologique de notre industrie. Cette démarche est tout à fait louable et nécessaire.

Le développement d’une base de données plus détaillée et prenant en compte les matières dites « durables » et certifiées représente un enjeu déterminant car, in fine, l’éco-score doit accélérer la transition écologique du secteur textile, et non favoriser les acteurs qui cherchent à faire du sur place.

Toutefois, il est essentiel de veiller à la robustesse et à l’opérationnalisation à grande échelle des modulations que l’Ademe souhaite intégrer dans sa méthode. Les différents groupes de travail et réunions auxquels ont assisté les équipes Footbridge ont permis de constater l’écoute des équipes de l’Ademe et du CGDD pour aboutir à une méthodologie pertinente.

La réponse de Footbridge

Le portail FOOTBRIDGE est déjà prêt à calculer l’éco-score suivant la méthode officielle de l’Ademe. Nous attendons les dernières validations du Ministère pour lancer les calculs automatisées dès les collections hiver 2024.

En réalité, la mise à jour de notre outil de calcul représente une nouvelle évolution majeure de la plateforme FOOTBRIDGE tant sur la mesure d’impact d’un produit que l’évolution des dashboards collection.

Il ne s’agit pas seulement de calculer l’éco-score français mais, conformément à notre mission, d’aider nos clients à comprendre et à agir pour développer l’éco-conception de leur collection, réduire l’impact de leurs collections ; et in fine, obtenir de meilleures notes environnementales.

La plateforme FOOTBRIDGE permet de prendre en compte un certain nombre de critères et de données spécifiques pour aboutir de manière automatisée à un résultat plus précis pour l’ensemble des références produit et valoriser les démarches d’éco-conception.

Utiliser FOOTBRIDGE pour calculer les notes environnementales devient alors un atout clé pour toutes les marques qui souhaitent s’engager dans une démarche plus durable et qui souhaitent communiquer à leurs clients une information la plus précise possible.

Source : https://www.lesechos.fr/politique-societe/societe/environnement-le-gouvernement-devoile-son-ecoscore-pour-les-vetements-2086673

Résumé de l’article en quelques questions

  • Qu'est-ce que le Product Environmental Footprint (PEF) et comment est-il utilisé dans l'industrie textile de l'Union Européenne ?

    Le Product Environmental Footprint (PEF) est une méthode développée par la Commission Européenne pour mesurer l’impact environnemental des produits, incluant ceux de l’industrie textile. Cette approche se fonde sur l’analyse du cycle de vie (ACV) pour quantifier les émissions de gaz à effet de serre et autres impacts tout au long de la vie du produit.

    Elle vise à standardiser l’évaluation environnementale à l’échelle européenne, facilitant ainsi la comparaison des performances environnementales des produits et services sur le marché européen.

  • Comment la méthode française d'affichage environnemental se distingue-t-elle de la méthode PEF européenne ?

    La méthode française, soutenue par l’Ademe, utilise la base de l’analyse du cycle de vie (ACV) tout comme le PEF, mais elle inclut des critères supplémentaires pour évaluer l’impact environnemental d’un produit.

    Ces critères comprennent notamment la durabilité, la gestion des invendus ou les pollutions des micro-plastiques ce qui permet une évaluation plus complète des impacts environnementaux et sociaux.

    La méthode française s’appuie sur la base Empreinte et cherche à favoriser les pratiques industrielles respectueuses de l’environnement au contraire de l’ultra fast fashion.

  • Quels sont les défis associés à l'utilisation de la base de données PEF 3.0 pour évaluer l'impact environnemental des textiles ?

    La base de données PEF 3.0, bien qu’elle soit un outil central dans la méthode PEF pour calculer les scores environnementaux, a été critiquée pour son manque de transparence et sa généralisation excessive. Elle ne prend pas en compte les spécificités de certains matériaux ou procédés plus durables, comme le coton biologique certifié GOTS.

    De plus, elle ne permet pas l’utilisation de données spécifiques de la chaîne d’approvisionnement, ce qui peut mener à des évaluations environnementales qui ne reflètent pas fidèlement la réalité de la production.

  • En quoi consiste la modulation de la note environnementale dans la méthode française et comment cela affecte-t-il l'affichage environnemental ?

    La méthode française prévoit une modulation de la note environnementale pour mieux représenter les pratiques de production vertueuses.

    Cette modulation peut inclure des critères comme la durabilité physique, mesurée par des tests de qualité, et la durabilité dite émotionnelle, évaluée en fonction du prix et du cycle de commercialisation des produits.

    Ces modulations visent à encourager les entreprises à réduire leur impact environnemental et à lutter contre les pratiques de l’ultra fast fashion en offrant une information plus précise et représentative aux consommateurs.

  • Quelles sont les perspectives d'harmonisation entre la méthode PEF et les approches nationales comme celle de la France ?

    Bien que la méthode PEF vise à standardiser l’évaluation de l’impact environnemental des produits textiles au niveau européen, des initiatives nationales comme celle de la France sont en train de développer des approches complémentaires qui répondent aux spécificités locales et accélèrent la transition écologique.

    Des travaux sont en cours pour améliorer l’harmonisation des méthodes, avec l’objectif de combiner la rigueur scientifique du PEF avec les adaptations nécessaires pour refléter les impacts réels et encourager des pratiques plus durables dans l’industrie textile.

  • Comment les critères de durabilité émotionnelle et physique sont-ils intégrés dans l'affichage environnemental français ?

    Dans la méthode Ademe, la durabilité physique est évaluée par des tests de qualité visant à mesurer la résistance et la longévité des produits. La durabilité émotionnelle (ou non physique) est quantifiée en fonction du prix des produits, du nombre de références sur une saison, et de la durée de commercialisation.

    Ces critères visent à distinguer les produits de meilleure qualité et à longue durée de vie, ce qui encourage les consommateurs à choisir des produits plus durables et à moindre impact environnemental.

    Dans la version 1 de l’affichage environnemental, la durabilité physique ne sera pas pris en compte pour le calcul de la note.

  • Quels sont les impacts de l'ultra fast fashion sur les scores environnementaux dans la méthode française ?

    La méthode française cherche à combattre les pratiques de l’ultra fast fashion en intégrant des modulations spécifiques dans les scores environnementaux. Ces modulations pénalisent les produits issus de cycles de production extrêmement rapides et de faible qualité, favorisant ainsi les marques qui s’engagent dans des pratiques plus durables et responsables. L’objectif est de sensibiliser les consommateurs et de réduire la surconsommation de produits à usage unique, ayant un impact environnemental élevé.

    Les coefficients de modulation sont en attente de validation suite aux discussions en cours actuellement.

  • Comment la méthode PEF assure-t-elle la vérifiabilité des données utilisées pour les scores environnementaux ?

    La méthode PEF impose que les données utilisées pour calculer les scores environnementaux soient tangibles et vérifiables avant la mise sur le marché des produits. Cela implique un contrôle rigoureux des informations tout au long de la chaîne de valeur, bien que ce processus soit complexe dans une industrie manquant de transparence.

    Les entreprises doivent fournir des preuves concrètes de leurs pratiques pour garantir l’exactitude des scores environnementaux affichés, assurant ainsi une évaluation fiable de l’impact environnemental de leurs produits.

    Il s’agit d’un point sensible de cette méthode vis à vis de la réalité opérationnelle du secteur.

 

Louis-Marie Vautier

Gérant - Co-fondateur GOODFABRIC

Louis-Marie Vautier est le co-fondateur de GOOD FABRIC et de la plateforme FOOTBRIDGE, spécialisées dans la traçabilité et l'éco-conception dans l'industrie textile. Entrepreneur engagé, il œuvre pour rendre la mode plus durable et transparente à travers des solutions innovantes. Son approche contribue significativement à l'amélioration des pratiques environnementales dans la mode, en alliant expérience du terrain, technologie et responsabilité écologique.

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